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Orientation scolaire : Rattraper les inégalités sociales

En quoi l’orientation scolaire et professionnelle permet de rattraper des inégalités sociales

Une démarche d’orientation scolaire entreprise dès le lycée permet au lycéen d’identifier très tôt ses motivations et ses objectifs d’études  pour se donner toutes les chances de les réussir. L’orientation professionnelle et le coaching des étudiants permettent de renforcer la confiance en soi pour se donner les meilleures chances de réussir son projet professionnel (trouver un stage, trouver un contrat d’apprentissage, trouver un premier emploi,…).

Effet Pygmalion et orientation scolaire

Certaines études scientifiques  effectuées aux États-Unis sur des échantillons représentatifs d’élèves dans des classes  en Highschool (à Oak School, San-Francisco, aux États-Unis, par Rosenthal et Léonore Jacobson)  démontrent l’effet d’un présupposé d’aptitudes sur le développement même de ses aptitudes et la réussite des enfants concernés. Si les enfants des milieux défavorisés réussissent moins bien à l’école que les enfants des milieux plus favorisés, la cause  ne serait pas uniquement liée aux carences de ces enfants et de leurs milieux mais aussi à la représentation et donc la projection par les tiers de leurs chances de réussite.

La confiance n’est bien sûr pas innée et nous le savons aujourd’hui elle constitue l’un des principaux facteurs de réussite sociale et donc professionnelle avec une bonne orientation scolaire bien sûr. La chance d’avoir été très tôt considéré comme une excellent élève  motive tout au long de son parcours à le rester (Il est vrai parfois  au prix de tensions avec son milieu d’origine et d’un manque d’assurance dans le nouvel environnement). La confiance se construit dans les interactions avec les autres,  la subjectivité et l’image positive que vous renvoie votre environnement (famille, enseignants, environnement relationnel et social) mais aussi sur l’histoire de sa famille et de sa catégorie d’appartenance.

Il est intéressant de se référer sur cette question aux recherches de Vincent de Gaulejac : L’Histoire en héritage, roman familial et trajectoire sociale (Desclée de Brouwer, Paris, 1999)

Aux États-Unis les échecs sont considérés comme normaux et des occasions d’apprendre. En France les échecs sont considérés comme des symptômes d’inaptitudes personnelles. Dès l’école primaire s’établissent ainsi les conditions d’une  catégorisation au travers du mode de correction de devoirs sur des matières  en général plus favorables aux enfants de milieu socio-culturel élevé.  Dans les copies des élèves les fautes sont pointées en rouge alors que les bons élèves sont complimentés.

Dans son ouvrage « DRH Le livre noir » Editions du seuil Janv.2013 Jean-François AMADIEU cite une étude allemande réalisée en 2011 (Studies in higher education) par Markus Klein et Felix WEISS qui montre que les stages obligatoires effectués par des étudiants ne changent rien aux inégalités d’accès au marché du travail et ni à celles sur les salaires perçus. Petite consolation le mal ne serait pas que français. Dans le même ouvrage, l’auteur cite une étude de l’économiste Kenneth Arrow en 2004 qui estime que la moitié des différences de salaires entre Américains sont inexpliquées et que dans cet ensemble de raisons mystérieuses, 15% des écarts s’expliquent par le réseau d’amis et la famille des individus. Cette étude révèle aussi qu’en France le rendement des diplômes n’est pas le même pour tous, puisqu’à diplôme égal, les enfants de cadres ont beaucoup plus de chances de devenir cadres à leur tour que les enfants d’ouvriers.

Orientation professionnelle et coaching étudiants : Rattraper les écarts

Il  y a l’impact des préparations pour présenter son CV, pour réussir les tests de personnalité et pour les mises en situation lors des assesment centers.

Certains tests utilisés en orientation professionnelle et en recrutement mesurent le niveau de confiance en soi sur une échelle de 0 à 10 (ex. test SOSIE édité par les ECPA) ; Ce niveau est la résultante de différentes dimensions comportementales telles que l’assertivité (affirmation de soi), la stabilité émotionnelle (résistance au stress), le dynamisme (rapidité), la persévérance (aller au bout de ce qui est engagé) ; Ces dimensions ne sont pas stables et peuvent être affectées par de situations conjoncturelles, les réussites ou échecs passés et la façon dont ils ont été vécus.

Ceux qui bénéficient de ces préparations ne partent assurément pas sur la même ligne de départ. Assez bizarrement tout au long de la carrière, les jeunes considérés comme les meilleurs potentiels vont être accompagnés davantage que les autres qui devront sauter davantage d’obstacles pour avancer.

Certains issus de classes sociales défavorisées s’en tireront heureusement. Les mathématiques  qui ne demandent pas l’aisance verbale sont a priori plus égalitaires car les aptitudes en cette matière dépendent un peu moins de l’environnement familial. Ils  se retrouveront donc plus tard plutôt dans les BTS et pourquoi pas les écoles d’ingénieurs qui les formeront aux  fonctions de production au service des véritables détenteurs du pouvoir et de l’argent (politiques, financiers,…).

S’il existe aussi des exceptions le prix à payer est souvent plus important (vie affective, santé,…) et ce n’est souvent qu’à la génération suivante que le changement de catégorie sera tout à fait effectif.

Un travail de coaching d’orientation scolaire et professionnel faciliterait sans aucun doute cette progression.

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